Lapin Chèvre
(janvier 2026)

Pays d'origine : France (berceau dominant Aquitaine –
Saintonge)
Ascendance : Divers lapins de pays, proches du modèle loutre.
Importance : peu répandue
Premier standard adopté le 29 mai 2004 par la Fédération Française de Cuniculiculture.
Club de race national officiel : Club National du Lapin Chèvre
Voir les coordonnées dans la liste des Clubs de races du site de la F.F.C.
Historique et généralités Texte J-J MENIGOZOriginaire du pays de Saintonge, appartenant aujourd'hui à la région Nouvelle Aquitaine. Le Lapin Chèvre aurait pour berceau une zone se situant autour des villes de Jonzac et Ozillac en Charente-Maritime.
A l'origine,
comme beaucoup d'autres races, le Lapin Chèvre est le résultat de croisements
de lapins fermiers. Au hasard des portées apparaissaient des lapereaux dont la
coloration ressemblait à la robe de la Chèvre poitevine, manteau noir et ventre
blanc. Ces lapins furent gardés et servirent de reproducteurs dans plusieurs
fermes.
Au départ la sélection de ce lapin s'est effectuée pour son apparence mais
aussi et surtout pour sa rusticité, sa robustesse, sa prolificité et sa très
bonne adaptation à l'alimentation fermière de l'époque.
Vers la fin du 19ème siècle et grâce à ses qualités, ce lapin se
répand dans une grande partie du sud-Ouest, de la Vendée aux Pyrénées.
Comme dans beaucoup de régions françaises, dans la deuxième moitié du 20ème siècle l'utilisation de reproducteurs issus de races françaises voir étrangères se développe et ceci au détriment du lapin local dit « Lapin Chèvre ». Il est vrai que ce Lapin Chèvre ne s'était pas répandu ailleurs que dans le Sud-Ouest, notamment dans les départements de la Gironde, la Dordogne et du Lot et Garonne. C'est alors une presque disparition du Lapin Chèvre.
Entre
1980 et 1990, M. Dominique Massoubre, membre du Conservatoire des
races d'Aquitaine, parcourt la région à la recherche d'animaux appartenant à
des races menacées. Il rend visite à un fermier voisin. Il était loin de se
douter qu'une agréable surprise l'attendait à moins de deux kilomètres de chez
lui. Au cours de cette rencontre, il
aperçoit des lapins, à la robe bien particulière, qui lui rappellent ceux
élevés par sa famille en 1960. Ce n'est autre que le lapin chèvre. Avec son
accent du terroir, le paysan lui confirme : « olé in lapin-bique », qui
se traduit par « c'est bien un lapin chèvre ».
Il pensait ce Lapin Chèvre disparu. Il rentre alors en contact avec M. Jean
Coutard, bien connu pour son engagement dans la sauvegarde des races
fermières. Ensemble ils partent en quête de lignées supplémentaires. Ils en
retrouvent plusieurs, disséminées dans quelques fermes. Un long et patient
travail de sélection commence alors, afin d'améliorer le phénotype, sans
sacrifier le génotype, à savoir les qualités fermières caractéristiques de la
race, celles qui ont fait sa réputation.
C'est
seulement en janvier 2000 que Pascal Desautard, éleveur de Lapin Chèvre
près de Riom, prit contact avec la Commission des Standards de la F.F.C. pour
faire reconnaître le Lapin Chèvre comme race. Une première rencontre, organisée
le 11 juin 2000 à LEZOUX dans le Puy-de-Dôme, permit à MM. Pascal Desautard
et Pierre-Edmond Desse de présenter quelques sujets à un groupe de
juges.
Après la prise de connaissance du rapport établi lors de la présentation de
LEZOUX, la Commission des standards décida de lancer la procédure officielle
d'homologation. Première étape, ST FLOUR dans le Cantal, le 16 décembre 2000.
A
la fin de cette procédure, le Lapin Chèvre est officiellement reconnu comme
race
par la Commission Technique et des Standards de la Fédération Française de
Cuniculiculture, le 29 mai 2004.
Sur demande du Club, la dénomination « Lapin Chèvre » a été conservée
car ce nom populaire était spontanément utilisé par plusieurs éleveurs de
départements différents.
Avec le Gris de Touraine, le Lapin Chèvre est certainement aujourd'hui l'une des races de lapin ayant été la plus sélectionnée selon des méthodes empiriques et une alimentation fermière.
Caractéristiques à rechercher
Poids idéal
compris entre 3,500 kg et 4,250 kg.
Le corps est harmonieusement arrondi sans être massif. L'animal est
relativement élancé.
L'avant-train
bien développé reste élégant et assez fin. La ligne dorsale, légèrement arquée,
se termine par une croupe idéalement pleine et arrondie.
Elle est assez courte, lustrée, de très bonne tenue, fine et dense. Les poils
recteurs sont bien apparents.
Le pelage se compose de trois couleurs. Chaque couleur doit être pure et
homogène.La couleur fondamentale recouvre la tête, y compris la partie extérieure des
oreilles, le manteau dans toute son étendue (flancs inclus), la partie visible
des pattes, la poitrine et le dessus de la queue.
Le dessous du menton, le ventre, la partie intérieure des pattes et le dessous
de la queue sont de teinte blanchâtre.
Un liseré feujaunâtre lie le blanc et la
couleur fondamentale et encercle les narines et borde les mâchoires.
La
sous-couleur, ventre inclus, est bleue sur l'ensemble du corps.
Les marques se détachent aux endroits suivants : tour des yeux, narines,
dessous du menton, bordure des joues, taches dites en pois entre les oreilles,
ventre, dessous de la queue, partie intérieure des pattes.

Réalisation présentation : Jean-Jacques MENIGOZ
