Japonais

(janvier 2026)

 Japonais -  Photo Eddy MAYEUR
Japonais - Photo Eddy MAYEUR

Pays d'origine : France
Ascendance : Lapins panachés
Importance : peu répandue

Premier standard adopté le 22 avril 1914 par la Société Française de Cuniculiculture


Club de race national officiel : Club Français du Japonais et des Lapins à Dessins

Voir les coordonnées dans la liste des Clubs de races du site de la F.F.C.



Historique et généralités.

Extrait de "'La Revue Avicole" Samuel BOUCHER - 1987 Dans un très ancien numéro de La Revue Avicole datant d'octobre 1894, N. NAUDIN écrit au sujet de cette race: "Nous avons vu figurer, lors du concours général de 1887, dans la classe des lapins communs, une variété qui avait vivement excité la curiosité. Ils étaient tricolores et portaient le nom de Japonais".

Ainsi, les premiers sujets ont-ils été exposés il y a exactement un siècle, au milieu des lapins communs dont faisaient encore partie à l'époque les Géants des Flandres. On remarquera également que, à l'origine, la robe de notre animal, d'après la description qui nous en est faite, devait comporter une certaine proportion de blanc.

Toujours est-il que les éleveurs de l'époque réclamaient le droit de concourir dans une classe spécialement réservée au Japonais. Ce souhait fut exhaussé et deux classes furent réservées à ce lapin l'une pour le type "géant", l'autre le "petit". Le professeur CORNEVIN décrit d'ailleurs la race en 1897.

Pourtant l'enthousiasme ne fut pas général. On se posait beaucoup de questions au sujet de sa création, on se demandait même s'il avait les caractères minima permettant de lui décerner le titre de race. Ainsi, M. de HAUTE-CLAIRE, un fervent admirateur, écrit dans "L'élevage pratique du lapin domestique" : Le lapin ne le cède en rien à ces races (Argenté, Russe ...) pour la beauté ; il a sur elles l'avantage d'être excellent reproducteur et de donner l'une des meilleures chairs" Mais d'autres, comme NAUDIN, disent de lui qu'il "n'est qu'un simple lapin commun" et donne comme preuve que "dans chacune des portées il y a des petits qui sont de couleur unie: on y trouve", écrit-il, «le gris, le blanc, le fauve et quelquefois du noir".

Une critique véhémente apparût même dans "Chasse et Pêche" de 1894/1895 où l'auteur écrit: "Nous en parvenons pas à découvrir l'origine toute récente de ce lapin très commun, mais bariolé à la façon des chats tricolores ou écaille de tortue, en anglais tortoiseshell. Nous savons que cette couleur s'obtient par le croisement du lapin noir avec le roux. Le farceur qui le premier les a lancés comme Japonais ne voudrait-il pas être assez aimable de se faire connaître ? Les amateurs pourraient alors lui adresser leurs félicitations".

Cette critique nous semble aujourd'hui peu fondée car il est certain que le Japonais ne peut être obtenu comme l'auteur le préconise. Alors reportons-nous à ce qu'écrivait avec beaucoup d'objectivité le grand éleveur Eugène MESLAY qui possédait de tels lapins. Selon lui, il serait possible de découvrir des "Hollandais mal réussis, de nuances. indistinctes, le principe même, l'origine du Japonais". Ainsi, il se demande si, en partant du Hollandais tricolore, il serait possible "d'arriver, par une sélection judicieuse, à l'exclusion totale du blanc et continue en posant la question suivante : "Dès lors, l'animal produit, ne ressemble-t-il pas au Japonais ?

D'ailleurs, à M. de FOUCAULT qui voulait savoir si "ce lapin (venait) du Japon ou (était) une variété du Hollandais de grande taille", il répond: "sur la première interrogation, la réponse nous semble facile: il porte un nom de fantaisie, absolument comme le lapin sibérien. Sur la seconde, nous penchons pour une réponse affirmative le dutch tortoiseshell" (ou Hollandais tricolore).

Petit à petit, le type moyen s'imposa. Optons pour cette dernière hypothèse qui semble plausible et justifiable. Cependant, il faut expliquer, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut que le Japonais - sans doute à cause de ses origines possédait, au début, des taches blanches plus ou moins étendues. Et déjà à l'époque, les éleveurs pensaient qu'il fallait les éliminer par sélection. Ainsi, Louis Van der SNICKT, rédacteur en chef de «Chasse et Pêche" répond à un courrier d'Eugène MESLAY en ces termes : "Je suis d'accord, le lapin Japonais doit être jaune, orange et noir, sans blanc".

Aujourd'hui, les Juges français sont très stricts sur ce point. La moindre tache blanche signifierait, en effet, que la sélection est encore mal faite ou que certains croisement ont été effectués, avec des Papillons Rhénans ou des Hollandais tricolores, après que la race a été fixée, ce qui serait un non sens et un retour en arrière. Certains pays européens tolèrent pourtant de petites taches blanches sur le ventre, le côté intérieur des pattes et le dessous de la queue.

Mais revenons à notre race originelle. En partant du petit lapin tricolore obtenu et fort agréable à l'œil, les éleveurs ont voulu créer le Grand Japonais, en effectuant des croisements avec des Géants, des Béliers et des Normands. Ce fut une très grave erreur. Les animaux étaient porteurs de multiples défauts. Ainsi, certains avaient les oreilles tombantes du Bélier, d'autres arboraient l'inévitable fanon des races géantes, d'autres encore avaient de longs poils. Toutes ces remarques amenèrent Eugène MESLAY à écrire: 'le (grand) Japonais actuel, sans caractères propres, n'offre-t-il plus qu'un assemblage de formes hétéroclites, conséquence des croisements qu'il a subi et qui ont abâtardi et dénaturé la race P. Cette variété est peu à peu tombée en désuétude.

En revanche, le petit Japonais ne subit pas de tels croisements et on disait de lui qu'il avait un aspect général harmonieux, qu'il respirait la santé et la vigueur, que son attitude était vive, gaie, nerveuse. Il avait la forme du Hollandais mais était plus gros et plus fort. MESLAY qui souhaitait "un type unique" note qu'il "serait plutôt moyen si nous envisageons l'ensemble des races de lapins".

Aujourd'hui, le Japonais fait partie des Races Moyennes et il est peu répandu en France.

Illustration de l’ouvrage de MESLAY DE 1900
Illustration de l’ouvrage de MESLAY DE 1900


Caractéristiques à rechercher

Poids idéal compris entre 3,500 kg et 4,250 kg.
Le corps est robuste et assez arrondi. La ligne dorsale harmonieuse se termine par une croupe arrondie.
Suffisamment dense, la fourrure est d'une bonne tenue et assez rigide, sans longueur excessive. Pour conserver aux marques leur netteté de contour, les poils recteurs de bonne épaisseur ne doivent pas ressortir de façon significative.
La robe ou dessin zoné se compose de deux couleurs. Celles-ci doivent être aussi pures que possible, de tonalité soutenue et ne pas trop déborder l'une sur l'autre créant ainsi un riche contraste entre elles.
Le dessin de la tête et des oreilles doit se rapprocher le plus possible du schéma dit en croix correspondant à une séparation médiane des deux couleurs alternées. La ligne de séparation des couleurs traversant la tête doit être aussi régulière que possible.
Le dessin du tronc comprend une succession de zones, bien délimitées, dont la disposition est souhaitée alternée sur toute la ligne dorsale. Sur les côtés et sur les flancs, ces zones de coloration en bandes suivies rappellent une zébrure assez large avec un minimum de trois bandes verticales exigées sur chaque côté.


Dessin tête
Dessin tête
Dessin tronc
Dessin tronc

Photos Michel GRUAZ                

 


Réalisation présentation : Jean-Jacques MENIGOZ